Le vécu dépressif dans le deuil !
Contrairement à ce qui est ancré dans les esprits, de nombreuses personnes endeuillées traversent un vécu dépressif. En revanche un nombre limité vivent une dépression.
Il est important de les distinguer car la prise en charge est différente ainsi que la médication. Très rapidement une personne montrant des signes communs aux deux va être considérée comme dépressive et elle va avoir un traitement basé sur les antidépresseurs.
Or le vécu dépressif ne nécessite pas d’antidépresseur. C’est un état qui appartient au processus de deuil. Et la prise de médicament peut contrecarrer ce processus qui est tout à fait normal.
Je parlerai de ce processus dans un prochain article
Différence entre dépression et vécu dépressif
La confusion provient du fait qu'ils ont des symptômes communs
- Troubles du sommeil et/ou troubles de l’appétit
- Fatigue
- Perte d’intérêt global
- Tristesse
- Difficultés de concentration, de mémorisation
- Baisse de la libido
J'ai résumé sous forme de tableau les différences afin que cela soit plus parlant
| Vécu dépressif | Dépression |
Idées suicidaires | Désir suicidaire fluctuant et mise en œuvre peu élaborée | Idées suicidaires persistantes. Le scénario est élaboré et la mise en œuvre est précise |
Comportement social et professionnel | Le fonctionnement affectif, social et professionnel est toujours présent. Il apporte toujours, même cela demande de gros efforts, des satisfactions. | Le fonctionnement affectif, social et professionnel est très perturbé voir inhibé |
Dans la durée | Alternance de vagues de désespoir et de temps de répit. | Il n’y a pas de rémission, ni de répit concernant le vécu douloureux. Il s’empire avec le temps. |
Réactivité face à des évènements heureux | Même si la personne reste immergée dans la tristesse et la souffrance, elle peut tout de même apprécier des moments heureux | Il y a perte de réactivité face aux évènements heureux. Durablement. Et l’avenir semble sans issue possible. |
Le vécu dépressif est souvent géré seul ou accompagné de proches ou d’associations.
En revanche cet accompagnement ne suffit pas pour une personne endeuillée dépressive. Un traitement médicamenteux devient alors nécessaire.
Cette période n’en reste pas moins difficile à vivre pour une personne endeuillée. Et il n’y a rien d’anormal, même si plus d’un an après la disparition, une personne montre encore des signes de tristesse, de fatigue, de perte d’intérêt.
Et même si au bout d'un an la personne parait aller plus mal qu'au départ, il n'y a rien d'anormal non plus. En effet le vécu dépressif n'arrive pas immédiatement après la perte. Il peut se manifester plus de 6 mois après.

Le deuil n’est pas limité à la perte d’un être cher. Toute perte douloureuse est un deuil.
La perte d’un travail qui se trouvait être le centre de la vie, peut être vécue comme un deuil.
La perte de la santé ou d’une partie de son anatomie, qui implique ne plus pouvoir vivre la vie d’avant, peut être vécue comme un deuil.
Un déracinement peut être vécu comme un deuil.
La perte de son animal de compagnie peut être une terrible épreuve pour certaines personnes. Ce n’est qu’un animal ! Oui et non. Certaines personnes assez isolées familialement et socialement ont mis leur chien, chat au centre de leur vie et ils ont le même attachement qu’ils pourraient avoir avec un membre de la famille.



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